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Les Saints de Glace

Le 11, le 12 et le 13 mai : ce sont les Saints de Glace !

Au mois de mai nous entendons beaucoup parler des 3 « saints de glace « . Mais qui sont-ils, où sont-ils, pourquoi cette attente de leur passage de la part de tout botaniste et autres jardiniers amateurs ? 

Certains expliqueraient la tradition des  saints de glace par un phénomène astronomique coïncidant à cette période des 12 ou du 13 mai de chaque année, l’orbite  de la Terre est amenée à traverser un disque de poussières extrêmement diffus (sorte de constellation gazeuse) dans le système solaire, formé aussi bien par des particules piégées que par des résidus provenant de la formation des planètes à l’aube de leur existence. Pendant quelques heures, la poussière fait très légèrement obstacle aux rayonnements solaires (effet de serre inversé). La diminution de leur intensité est inobservable sans instruments de mesure extrêmement sensibles, mais suffisante pour influencer les délicats mécanismes de la météorologie de notre globe. La Terre traverse à nouveau ce disque de poussière six mois plus tard, le 11 novembre, avec l’effet inverse (diffusion du rayonnement solaire sur la Terre en plus du  rayonnement direct) qui amène « l’été de la Saint Denis » (9 octobre) ou « été de la Saint Martin » (11 novembre), appelé aussi l’été indien sur le continent américain.

Cette explication est infirmée par le fait que les astronomes ne connaissent aucun disque de poussière de ce type. De plus, si il en existait un diffus, il ne serait pas observable, et ce même avec des instruments très sensibles. Enfin la seule origine possible du disque serait une comète ou un astéroïde mais la terre ne pourrait pas traverser un tel disque deux fois par an.

La coïncidence (explication météorologique et astronomique) n’est troublante que si l’on ne connaît pas la météorologie. Elle est en fait seulement anecdotique car le phénomène astronomique est mondial alors que les dictons (voir ci-après) ont une pertinence très locale. Le mois de mai correspond, dans les latitudes moyennes de l’hémisphère nord, à la fin de la rapide circulation de systèmes météorologiques d’hiver. Le passage de fronts froids, amenant de l’air du nord, se produit donc encore de temps à autre. Quand le ciel se dégage ensuite sous un anticyclone, la perte de chaleur est encore importante, surtout la nuit. Il est donc normal d’avoir des périodes froides à cette époque même si la tendance des températures est à la hausse. D’ailleurs, les archives de Météo-France sur 70 ans (1939-2009) montrent que ce phénomène ne s’est déroulé que 4 fois.

Croyance populaire infondée, les saints de glace restent tout de même utiles pour les jardiniers et agriculteurs, notamment pour se rappeler quand la période climatologique de gel se termine. Sa popularité est encore vivace, comme en attestent les nombreux dictons qui lui sont consacrés.

Lire l’article complet sur l’explication scientifique ici

Tous les ans la question revient comme un leitmotiv et fait référence aux saints de glace et aux variations climatiques de cette période. Il faut d’abord savoir que comme les Mousquetaire, les 3 étaient en fait 4 !

Saint Mamert fut évêque de Vienne, en Dauphiné (+ 474), fêté (ou attendu) le 11 mai.  Le dicton du jour sera alors « Attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace. » il avait institué les « Rogations ». Il avait ordonné que, durant les trois jours précédant l’Ascension, les hommes fassent des prières contre les calamités.  

Saint Pancrace fut martyr à Rome en 304 après Jésus-Christ. Fêté le 12 mai, ma grand-mère disait alors  « Saint Pancrace, Gervais et Boniface apportent souvent la glace. »

Saint-Servais, attendu le 13 mai, fut évêque de Tongres vers 384 après Jésus-Christ. Et ce jour-là vous pourrez vous exclamer : « Avant Saint-Servais : point d’été, après Saint-Servais : plus de gelée. » Ou encore « Quand il pleut à la Saint Servais, pour le blé, signe mauvais. » Saint Gervais est souvent cité à la place de saint Servais et alors les anciens reprennent en cœur « Saint Gervais quand il est beau, tire saint Médard de l’eau. » (Bien sûr vous savez tout de l’histoire de Médard, et de ses 40 jours de pluie…enfin nous verrons cela en juin.)

En dernier, le 25 mai arrive saint Urbain, fêté désormais le 19 décembre.  On parle d’ailleurs souvent de saint Urbain (Pape au IIIème siècle, de 222 à 230)  et sainte Sophie. (en Alsace et Moselle  « Elsass-Lothringen »   » appelée d’Kälte  Sophie « . On a coutume de dire « Quand la saint Urbain est passée, le vigneron est rassuré. »  Ou encore « Mamert, Pancrace, Servais sont les trois saints de glace, mais saint Urbain les tient tous dans sa main. »
 

Les 11, 12 et 13 mai sont des dates de mauvaise réputation pour toutes les « mains vertes » qui ne jardinent jamais avant le passage de ces journées annonciatrices d’un retour tardif des gelées, capables de réduire à zéro le travail des téméraires qui auraient osé planter avant cette échéance. Ne cherchez pas sur les calendriers la trilogie de ces saints que sont saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais qui ont été remplacés par sainte Estelle, saint Achille et sainte Rolande.

Cette substitution fut décidée après le dernier concile afin de « nettoyer » le calendrier de tous les personnages donnant lieu à des pratiques rituelles peu conforme avec la liturgie et considérées comme entachées de fond païen. Ainsi nos « braves saints de glace » furent rayés au même titre que les guérisseurs, retrouveurs d’objets perdus ou annonceurs du temps. Bien sûr ils étaient tous les ans implorés par les agriculteurs et les viticulteurs, qui à cette occasion retrouvaient et récitaient au cours de processions de pieuses prières qui n’étaient pas forcément dénuées d’arrière-pensées intéressées. 

Pourtant, si nous en recherchons les origines lointaines, très lointaines même, des gens d’alors avaient constaté qu’une brutale chute de la température nocturne ou plutôt matinale arrivait tous les ans aux alentours de ces trois journées. Cet élément climatologique, particulièrement désastreux pour les plantations qui pourraient se trouver alors en début de germination, les incitait à laisser passer l’événement avant d’entreprendre les grands travaux de printemps, et pour les jardiniers et maraîchers, avant de planter, repiquer, semer, mettre en terre en toute quiétude. Alors pour vos géraniums et tomates, patientez encore un peu…

Texte de Éric Schwartz-Baton et Hervé Niles.